La Fondation Fellini a l’honneur, la fierté et le plaisir de faire part de la remise du Prix Un Felliniano nel mondo le 27 novembre à Gérald Morin, ancien assistant de Fellini, écrivain du cinéma, producteur et réalisateur, et co-fondateur de la fondation en 2001. Au nom du Conseil de la fondation toutes nos félicitations vont à Gérald dont l’engagement a été à l’origine de notre institution. Il faut souligner et saluer le travail patient qui a été le sien durant des dizaines d’années pour réunir et sauver un immense patrimoine du cinéma à une époque où il n’y avait pas la conscience patrimoniale qui guide aujourd’hui des institutions telles que la nôtre. Ce travail a permis à la Fondation Fellini de donner une seconde vie à cette immense collection de plus de 16'000 documents. L’année 2025 qui voit le Programme culturel de la Fondation Fellini être élu en Soutien des Célébrations du 20e anniversaire de la Convention UNESCO sur la diversité culturelle est donc celle où le travail et la passion de Gérald Morin ont été salués à Rimini, par un Prix qui avait été conféré l’an dernier simultanément à la Fondation Fellini et à la Collection Philipp et Jakob Keel & Diogenes Verlag de Zürich, soit les deux plus importantes collections célébrant le Maestro. Dans le monde de Fellini il n’y a donc pas de hasards, mais juste des rencontres, pour reprendre la formule de Paul Eluard.
Propos de Gérald Morin, tiré de la Communication de presse
« Fellini, comme tous les génies, est inimitable », explique Gérald Morin. « Il avait le pouvoir, à l'instar de Bergman et Tarkovski, de transmettre des émotions, des atmosphères et de transformer le « provincial » en quelque chose d'universel. En effet, Amarcord est également compris en Amérique, dans l'État profond de l'Utah. Ce prix représente non seulement une grande fierté pour moi et pour les quelques felliniens encore en vie, mais il doit surtout servir aux jeunes réalisateurs pour comprendre que sans passé, il ne peut y avoir d'avenir, dans le cinéma comme dans tous les autres domaines de la vie. En cela, le Festival du film Amarcort - poursuit Morin - représente un pont extraordinaire entre ce qui a été et ce qui peut être. L'art n'est pas seulement notionnel, pour cela, l'intelligence artificielle suffit. L'art nous aide à réfléchir, en retravaillant un patrimoine à la recherche de sa propre voie. Comme l'ont fait de grands réalisateurs tels que Scorsese ou Kusturica, qui se sont également inspirés de Fellini. Aujourd'hui, la façon de faire du cinéma a changé, la technologie sans pellicule a rendu certains processus moins coûteux, ce qui permet de faire mille prises de vue en laissant tous les choix au montage. Apprenons plutôt des grands artisans du passé à réfléchir davantage avant même de tourner, en cultivant une vision. Sans histoire, il ne peut y avoir d'avenir. Fellini est le Picasso du cinéma et sa figure reste toujours d'actualité »